Rodrigue Couleurs et Lumière
atelier de vitrail, Sherbrooke, Québec, Canada
Un vitrail dans chaque maison...

Henri Perdriau

1877-1950


Jacques Cartier plantant la croix dans la péninsule de Gaspé
Henri Perdriau, 1917
Église Sainte-Luce
Sainte-Luce-sur-Mer, Québec, Canada
vitraux de Henri Perdriau

Né à Saint-Pierre-Montlimar en Vendée, France, il immigre au Canada en 1895 à l'âge de 19 ans pour se soustraire au service millitaire sous le régime républicain qu'il abhorrait. C'est qu'Henri Perdriau est lié intimement par l'un de ses ancêtres à Jacques Cathelineau, chef de l'insurrection Vendéenne et généralissime de l'Armée catholique et royale.

Après quelques années d'études au collège des Sulpiciens, il pratique le métier de journaliste religieux au journal La Presse et il publie une chronique mensuelle dans Le Semeur, bulletin de l'Association Catholique de la Jeunesse Canadienne-française. Il collabore au Devoir et dans plusieurs journaux régionaux au Québec.

En 1907, il fut gérant de la maison A. Vermonet de Reims en France qui importait des vitraux. Deux ans plus tard, avec ce même Albert Vermonet et Alexandre Clave, peintres sur verre, il forma la Compagnie d'Art et d'Industries à Montréal. En 1914, il opère son atelier sous son propre nom sur la rue Saint-Viateur. Il initia à l'art du vitrail le jeune et talentueux peintre fresquiste Guido Nincheri.

En 1918, il s'associa à un immigrant irlandais et importateur de verre nommé John Patrick O'Shea. Ils produisirent ensemble un grand nombre de verrières jusqu'en 1923. Henri Perdriau se retira aux États-Unis après une dizaine d'années seulement à oeuvrer comme artisan verrier. Il décède à Montréal le 16 février 1950.


Publicité de Henri Perdriau
publicité Henri Perdriau, Le Devoir, 1912
Le Devoir, 1er juillet 1912

On remarque dans plusieurs de ses oeuvres la présence de rosiers sauvages et de fleur-de-lys.

Vous trouverez ci-dessous quelques églises situées au Québec et au Nouveau-Brunswick où l'on y retrouve des vitraux dont la réalisation est attribuée à Henri Perdriau en association ou non avec O'Shea.

Une plume vitriolique
À Woonsocket (Rhodes Island), Henri Perdriau a joint en 1925 les Sentinellistes, un mouvement de revendication franco-américain qui provoqua une certaine agitation en Nouvelle-Angleterre. Elphège Daignault, avocat et leader du mouvement, s'insurgea contre le financement d'écoles anglophones à l'aide de fonds collectés par l'Église catholique auprès des majorités francophones. Il fonda le journal La Sentinelle pour mobiliser la population. Henri Perdriau y était secrétaire à la rédaction. C'était un journal vindicatif mettant constamment en question l'autorité de l'évêque d'origine irlandaise, Mgr William A. Hickey. Le journal fut interdit de publication mais il réapparût sous les noms La Bataille, La Vérité et La Défense. Perdriau écrivait sous le pseudonyme Étienne Lemoyne.

L'évêque fût amené devant les tribunaux. Le 1er novembre 1927 à Providence, la cour supérieure refusa d'entendre la cause de Daignault, déclarant que c'était une affaire de gestion interne de l'Église. Elphège Daignault entreprît alors d'aller plaider sa cause au Vatican à Rome.

Mais les événements se tournèrent contre lui. À Rome, Daignault apprît que lui, Perdriau et 61 de leurs supporteurs furent excommuniés de l'Église catholique, une sentence des plus indignes à l'époque. Le groupe perdît ses derniers appuis populaires qu'il trouvait au Québec en 1929. Henri Bourassa, fondateur du journal Le Devoir et pourtant lui-même nationaliste, publia un éditorial cinglant, condamnant les Sentinellistes, qui avaient placé «la défense de leur langue au-dessus de celle de leur foi».
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sources

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